Annex A – résultats essentiels à la mission

En réponse aux objectifs de capacités des Forces canadiennes et du Ministère auxquels les S & T pourraient contribuer, la Stratégie S & T pour la Défense détermine huit résultats stratégiques essentiels à la mission. Ces résultats proviennent d’objectifs ministériels énoncés dans les directives politiques et stratégiques. Ils ont cependant été redéfinis afin de mettre l’accent sur le rôle attendu des S & T. Ces résultats devraient rester valables pendant toute la durée de validité de la stratégie, bien qu’ils doivent être ajustés pour suivre l’évolution des documents stratégiques de la Défense. Ces résultats sont :

1. Connaissance fiable de la situation, prédiction des intentions et prise de décisions pour garantir la supériorité opérationnelle :

La clé de la supériorité opérationnelle réside dans la connaissance totale de tous les aspects de l’environnement où se situe le théâtre des opérations. Cela englobe la compréhension du positionnement, des capacités, des gestes et des intentions, tant des adversaires que des alliés, ainsi que des autres influences, y compris les conditions météorologiques et les facteurs politiques et sociologiques susceptibles d’avoir des incidences sur la capacité de l’équipe canadienne d’accomplir sa mission.

2. Structure opérationnelle robuste de commandement et de contrôle au Canada et à l’étranger :

À mesure que les Forces canadiennes s’adaptent aux nouvelles exigences canadiennes d’intervention et d’appui militaires, la nouvelle structure de commandement et de contrôle capable de fonctionner au pays et dans des théâtres d’opérations étrangers doit refléter le besoin de disposer d’une capacité complète, adaptable et autonome dans des cadres aussi bien internes qu’internationaux.

3. Interopérabilité homogène avec les autres ministères, les autres partenaires canadiens et les forces alliées dans des environnements complexes :

Les Forces canadiennes seront déployées tant au Canada que dans des États en déroute ou non viables. Elles devront fonctionner efficacement dans des situations impliquant des combats très intenses ou des opérations de stabilisation et de rétablissement de l’ordre public. Elles devront invariablement coopérer avec d’autres organisations qui seront canadiennes, internationales, militaires et non militaires. Il faudra pour cela que l’organisation soit souple, agile et capable de faire face à une vaste gamme de situations nouvelles, dans des environnements nouveaux, où des interactions personnelles et culturelles diverses se produiront.

4. Des forces agiles et sur mesure pour se déployer et opérer dans des environnements complexes :

Les Forces canadiennes doivent avoir la capacité d’appliquer un degré de force proportionnel à la situation. L’application de la force, qu’elle prenne la forme d’armes conventionnelles ou de techniques psychologiques, doit être précise et ajustée pour garder les coûts à leur minimum et pour éliminer les dégâts subsidiaires. Il faut pour cela que les commandants aient une compréhension totale des armes létales et non létales, qu’ils puissent y accéder entièrement et immédiatement, et qu’ils soient dotés de la capacité de coordonner les actions avec leurs partenaires, dès le déploiement initial réel des forces et jusqu’à la stabilisation après la crise.

5. Protection contre tout l’éventail de menaces, y compris contre les armes de destruction massive :

Les Forces canadiennes doivent être capables de protéger leurs propres moyens ainsi que ceux du territoire qu’elles sont chargées de défendre. L’accent étant de plus en plus mis sur les menaces asymétriques et la protection du territoire canadien, le besoin dépasse les exigences traditionnelles de protection du personnel et de l’équipement des Forces canadiennes pour englober désormais la protection des populations civiles établies dans des environnements complexes incluant des armes chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires, les bombes humaines et les attaques visant la cyberstructure.

6. Maintien en puissance, coûts abordables, capacité de soutien des opérations, des biens et du personnel :

Pour mener des opérations efficaces, il faut pouvoir compter sur du matériel et des techniques d’approvisionnement fiables, aptes à garantir que les fournitures et le personnel voulus arrivent au bon endroit, au bon moment. Le matériel doit être robuste, et le personnel préparé aux situations diverses auxquelles il sera confronté. L’efficacité en fonction du coût est essentielle à la capacité de soutien des opérations. Elle doit comprendre l’optimisation des coûts de propriété par le biais de l’acquisition, du déploiement et des opérations. Dans la même optique, le personnel doit jouir de soutien aux phases de l’instruction, du déploiement et du post-déploiement.

7. Supériorité asymétrique pour faire échec aux groupes terroristes et à leurs tactiques :

L’une des grandes menaces posées à la sécurité du Canada provient des États en déroute ou non viables et des acteurs non étatiques. Cette menace asymétrique a forcé les pays à réagir aux conditions qu’établissent ces adversaires. En élaborant de nouvelles techniques de ” guerre “, les Forces canadiennes peuvent forcer les adversaires asymétriques à réagir et à rendre l’avantage stratégique aux États organisés. Les techniques ainsi appliquées comprennent la coopération avec des partenaires non militaires afin de bloquer l’accès à certaines armes, comme les armes CBRN, et aux éléments des infrastructures publiques. Les techniques de repérage des réseaux terroristes et de leurs sources de financement peuvent mener à l’application de contre-mesures efficaces. Les techniques de déploiement dans des territoires étrangers peuvent réduire les risques d’attaques. La compréhension des aspects psychologiques et sociologiques de la guerre asymétrique permet d’élaborer des techniques de modification ou d’élimination des conditions qui donnent l’avantage aux terroristes ou d’influer sur l’environnement de telle façon qu’il défavorise les adversaires.

8. Contribution aux politiques de la Défense et à la mise sur pied des forces en mettant à profit les connaissances acquises grâce aux progrès S & T et favorisées par ces derniers :

Certains aspects des sciences et des technologies sont élaborés et mis en application à un rythme accéléré dans l’environnement mondial changeant de la sécurité. Les politiques, la doctrine et le développement des forces doivent tenir compte de cette tendance pour tirer efficacement parti des technologies nouvelles et se défendre contre les nouvelles menaces. Des mécanismes doivent donc être en place pour faire en sorte que, tôt dans la démarche d’élaboration, les questions S & T soient comprises et prises en compte.

La présente liste des résultats essentiels à la mission a été produite suite à des consultations menées au sein du Ministère au cours de l’année 2005, mais elle fait l’objet de révision dès que de nouveaux besoins sont définis ou une nouvelle orientation stratégique est décidée.