Décontamination autogérée : Soutiens psychosociaux

Le 1 avril 2014

Vous êtes un intervenant de première ligne. Vous arrivez sur les lieux d’un incident où se trouve une foule de personnes apeurées, blessées et anxieuses, qui ont été contaminées par une substance chimique toxique. Il fait 10 °C à l’extérieur. Que devriez-vous faire?

En règle générale, vous vous assureriez d’être en sécurité, et vous diriez aux gens de sortir de la zone contaminée et d’attendre l’arrivée de l’équipe d’intervention en cas d’incident lié à des matières dangereuses (HazMat), qui s’occupera d’amorcer le processus de décontamination. Cependant, les recherches démontrent que les équipes HazMat mettent souvent beaucoup de temps pour arriver sur les lieux et se préparer. Entre temps, un grand nombre des victimes ont déjà quitté le secteur pour aller à l’hôpital. D’autres personnes et d’autres endroits pourraient ainsi devenir contaminés et les hôpitaux mis en isolement, ce qui met d’autres personnes à risque. Devant l’apparence « à la Darth Vader » des équipes HazMat, certaines victimes, surtout les enfants, ont signalé avoir fait des cauchemars et souffert d’anxiété et de traumatismes prolongés après avoir été en contact avec de telles équipes.

La Collaboration en matière de formation et d’exercice de simulation (SIMTEC) (disponible en anglais seulement) est un programme de recherche de quatre ans, entrepris par le Justice Institute of British Columbia (JIBC) en collaboration avec l’Université Royal Roads et parrainé par Santé Canada. Il est financé par le Programme canadien pour la sûreté et la sécurité (PCSS) qui est dirigé par le Centre des sciences pour la sécurité de Recherche et développement pour la défense Canada, en partenariat avec Sécurité publique Canada. Pour commencer, les chercheurs du SIMTEC se sont d’abord penchés sur les manières d’atténuer les facteurs de stress psychosociaux associés à la décontamination; toutefois, le projet a évolué et est devenu une initiative beaucoup plus exhaustive et intéressante.

Dans le cadre du projet, l’exercice Green Cloud, un exercice de simulation fonctionnelle sur maquette, a été tenu avec succès le 1er octobre 2013 pour évaluer la capacité des intervenants des centres d’opérations d’urgence d’hôpitaux et de collectivités ainsi que la capacité d’un poste de commandement du lieu d’incident. L’exercice a aussi permis d’évaluer la capacité des centres d’opérations d’urgence de Santé Canada et de l’équipe intégrée de la sécurité nationale de la Gendarmerie royale du Canada à mettre en œuvre des protocoles de décontamination autogérée lors d’un incident CBRNE (chimique, biologique, radiolo-nucléaire et explosif). Cet exercice est le fruit d’un travail de plusieurs mois accompli par l’équipe de recherche du SIMTEC et le personnel de soutien du JIBC, qui ont fait des recherches, mis au point l’exercice et procédé à des essais.

Les chercheurs ont constaté qu’il était très difficile de combler le temps qui s’écoule entre le moment où les victimes ont d’abord besoin d’être décontaminées et l’arrivée des équipes HazMat. Ainsi, un protocole de décontamination autogérée a été mis au point en collaboration avec un groupe de travail spécialisé, formé d’intervenants de première ligne, de spécialistes des sciences psychosociales, de la BC Coalition for People with Disabilities et du North Shore Emergency Management Office. Ce protocole pourrait être mis en application par tout intervenant de première ligne formé et il permettrait aux victimes d’éliminer la plupart des contaminants avant l’arrivée des équipes HazMat, qui pourraient alors terminer le processus de décontamination technique ou de douche.

Les chercheurs ont aussi préparé des messages et des protocoles pour tenir compte des segments de la population qui sont à risque, comme les femmes enceintes, les enfants, les nourrissons, les non-voyants, les personnes ayant des troubles d’anxiété, les personnes en fauteuil roulant, etc. Des trousses de décontamination autogérée ont été mises au point avec l’aide de First Aid Survival Technologies (F.A.S.T.) et ont été utilisées lors du processus de nettoyage et de retrait des vêtements de même qu’après la douche. Un prototype de « poupée de décontamination », ou figurine articulée, a été créé pour aider à préparer les enfants à l’arrivée des membres des équipes HazMat — les enfants ont pu dévêtir la poupée avant l’arrivée de l’équipe et se rendre compte qu’une personne se trouvait sous la combinaison et l’équipement de protection personnel, ce qui a permis de réduire le niveau d’anxiété et de peur.

Tout a été mis à l’essai lors d’un exercice de décontamination autogérée en climat froid, tenu dans le Nord de Vancouver en mars 2013 et auquel ont pris part plus de 35 participants, ainsi que plusieurs organisations d’intervention de première ligne. L’exercice a remporté un franc succès et, grâce aux résultats des entretiens et des rencontres de groupes d’étude auprès des intervenants et des participants, les protocoles et les trousses ont été peaufinés, remis à l’essai en août 2013 à White Rock et présentés dans le cadre de l’exercice Green Cloud.

Les 13 et 14 janvier 2014, des spécialistes HazMat locaux, nationaux et internationaux se sont réunis pour assister à un atelier de deux jours visant à examiner et à commenter les protocoles destinés aux intervenants de première ligne et à aider les chercheurs du SIMTEC à les peaufiner encore davantage.

L’atelier a remporté un franc succès et a fourni une excellente occasion d’échanger les connaissances. Le savoir et l’expérience partagés par les spécialistes du Canada, des États-Unis et du Royaume-Uni ont fourni de précieux renseignements qui nous permettront d’améliorer nos protocoles. L’équipe chargée de la recherche compilera les notes et les recommandations découlant de l’atelier pour simplifier les lignes directrices et renforcer la capacité des populations touchées de se servir des trousses de décontamination autogérée. Quant à nous, nous avons mis à la disposition des autres personnes le travail que nous avons accompli auprès des populations à risque ainsi que nos constatations, ce qui permettra d’améliorer les résultats de la décontamination pour tout un chacun. Nous prévoyons que d’ici le 31 mars 2014, les changements seront apportés et les documents et renseignements liés à l’exercice Green Cloud seront affichés sur le site Web du SIMTEC.

Laurie Pearce (Ph. D.) est titulaire de la chaire de recherche au Justice Institute of British Columbia.

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