Le Canada est devenu un chef de file mondial de la recherche sur le virus Ebola grâce à son sens de l’anticipation

Le 10 septembre 2014

Un certain nombre de pays d’Afrique de l’Ouest ont connu la pire éclosion du virus Ebola : des milliers de citoyens, de travailleurs humanitaires et de professionnels de la santé ont été infectés et des milliers en sont morts. Bien que des solutions soient à diverses étapes d’essai, aucun traitement ou vaccin contre l’Ebola n’a encore été officiellement approuvé pour les humains.

Il y a de l’espoir : la communauté médicale se tourne vers des traitements expérimentaux, certains d’entre eux développés dans le cadre de l’Initiative de recherche et de technologie chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN) (IRTC). L’IRTC était un programme fédéral dirigé par Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC), qui est maintenant intégré au Programme canadien pour la sûreté et la sécurité (PCSS) qui est également dirigé par RDDC en partenariat avec Sécurité publique Canada. 

Les scientifiques canadiens ont développé des anticorps qui semblent fort prometteurs pour traiter le virus Ebola.

Les scientifiques canadiens ont développé des anticorps qui semblent fort prometteurs pour traiter le virus Ebola. Deux des trois anticorps qui forment le traitement expérimental ZMapp ont été à l’origine développés par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) grâce au financement de l’IRTC. C’est le traitement expérimental qui a été administré aux deux travailleurs humanitaires américains qui ont contracté le virus Ebola en Afrique de l’Ouest.

Le Canada est également associé au VSV-EBOV, un vaccin contre le virus Ebola. En 2005, l’IRTC a fourni à l’ASPC le financement nécessaire à la création du processus de fabrication rendant possible la production de la version pharmaceutique du vaccin destiné à des essais cliniques. Cela a servi d’important catalyseur pour bâtir la réserve dont le gouvernement du Canada a fait don à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour contrer l’éclosion actuelle du virus en Afrique de l’Ouest.

« C’est ce genre de discernement qui fait du Canada un chef de file mondial de la recherche sur le virus Ebola »

— le Dr Gary Kobinger, chef, Pathogènes spéciaux, Agence de la santé publique du Canada

« Le soutien de l’IRTC fût inestimable à nos yeux. Le programme a reconnu un besoin et financé la recherche initiale qui nous a permis de créer ZMapp et le vaccin VSV-EBOV », a indiqué le Dr Gary Kobinger, chef, Pathogènes spéciaux, Agence de la santé publique du Canada. « C’est ce genre de discernement qui fait du Canada un chef de file mondial de la recherche sur le virus Ebola », a ajouté le docteur Kobinger. « Les Canadiens peuvent être très fiers des contributions de notre pays visant à aider la communauté internationale à contrer cette maladie dévastatrice. »  

« Voilà un excellent exemple du travail d’équipe de la communauté canadienne des sciences et technologies au sein du gouvernement qui a permis une réalisation importante pour la santé et la sécurité mondiales », a souligné Marc Fortin, Chef de la direction de RDDC et sous-ministre adjoint (Science et technologie) du ministère de la Défense nationale. 

Anticipation et action

Par suite des événements terroristes du 11 septembre 2001, des gouvernements à l’échelle du monde ont réuni leurs meilleurs experts afin d’élaborer des stratégies innovatrices pour protéger leurs citoyens et leurs institutions contre les nouvelles menaces.

Le gouvernement du Canada a lancé un certain nombre d’initiatives en matière de sécurité publique et d’antiterrorisme, notamment l’IRTC, une initiative interministérielle dirigée par Recherche et développement pour la défense Canada et formée par des partenariats entre 15 agences et ministères fédéraux à vocation scientifique et axés sur la sécurité. Cette initiative avait pour objet de chercher des solutions en matière de sciences et technologies (S et T) pour contrer les menaces CBRN, ce qui comprend les contre-mesures médicales contre des menaces telles que le virus Ebola. 

Toutefois, la création de vaccins et de traitements à base d’anticorps pour des maladies comme le virus Ebola, qui touchent généralement un faible pourcentage de la population mondiale, représente de nombreux défis. D’un côté, les répercussions possibles sont alarmantes si une telle maladie était utilisée comme arme ou que son éclosion s’étendait au-delà d’une petite population restreinte. D’un autre côté, ces scénarios ont peu de risques de se produire et le coût de la mise en marché de contre-mesures médicales est très élevé. Cela signifie que le rendement du capital investi probable est faible, ce qui généralement fait que la recherche dans de tels domaines est moins attrayante pour l’industrie.

En raison de l’orientation du gouvernement dans la foulée des événements du 11 septembre 2001, le programme dirigé par RDDC en a fait rapidement une priorité de financement, ce qui a permis de mobiliser l’expertise et les ressources de la communauté fédérale des sciences et technologies pour développer des solutions pour contrer cette maladie.

Depuis ce temps, l’IRTC et le PCSS qui lui a succédé ont investi environ 7 millions de dollars au cours de onze ans pour financer l’Agence de la santé publique du Canada et ses partenaires afin qu’ils élaborent des solutions pour contrer la menace du virus Ebola.  

Ces programmes favorisent des partenariats privilégiés qui rassemblent les meilleurs esprits scientifiques du Canada dans le but de travailler sur des enjeux importants en matière de sécurité publique comme le virus Ebola. Alors que l’éclosion du virus fait rage actuellement, les répercussions déterminantes des décisions prises en premier au Canada il y a plus d’une décennie soulignent comment ces programmes ont contribué et continuent de contribuer à la protection des Canadiens et du monde.

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