Les pompiers mènent une série d’expériences sur la dynamique du feu pour mettre à l’épreuve un nouveau curriculum

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Le 13 septembre 2016

Les approches traditionnelles de lutte contre les incendies ont été transmises d’une génération à l’autre. La question est : ces approches sont‑elles à jour compte tenu des changements apportés aux bâtiments et à l’infrastructure ? Ces domaines ont beaucoup évolué, mais celui de la lutte contre les incendies a-t-il évolué au même rythme ?

La science de la dynamique du feu, qui étudie la façon dont les incendies commencent, se propagent et se développent, s’est améliorée au fil des années et cela a permis de déterminer quelles sont les approches de lutte contre les incendies les plus efficaces et les plus sécuritaires. Les progrès scientifiques montrent que les nouvelles méthodes de construction de bâtiments et le recours accru aux matériaux synthétiques dans les résidences ont augmenté le taux de dégagement de chaleur et causent des incendies plus grands et plus chauds qui se propagent plus rapidement et génèrent plus de fumée qu’autrefois. Toutefois, ces faits ne sont pas toujours pris en compte dans le cadre des opérations quotidiennes des pompiers. Certaines approches dépassées et le manque de connaissances scientifiques sur les incendies peuvent souvent poser un risque plus élevé pour les pompiers et le public pendant un incendie.

« Il y a encore quelques années, nous avions des philosophies complètement différentes en ce qui a trait à la lutte contre les incendies. Par exemple, on nous a enseigné depuis le premier jour que le fait de combattre un incendie depuis l’extérieur ne fait qu’empirer la situation à l’intérieur. Cependant, la science a déterminé que ce n’est pas le cas si on intervient de la bonne façon », explique Gordon Routley, chef de division au sein du Service de sécurité incendie de Montréal et pompier depuis près de 50 ans.

C’est pourquoi il importe que les stratégies et les tactiques que les pompiers emploient au quotidien soient fondées sur les connaissances scientifiques modernes en dynamique du feu. Les services de sécurité incendie de villes canadiennes (Ottawa, Montréal, Halifax et Calgary) ont récemment uni leurs forces pour se pencher sur la question. Ils ont élaboré un nouveau curriculum collaboratif et fondé sur des preuves concernant la dynamique du feu dans le cadre d’un projet financé par le Programme canadien pour la sûreté et la sécurité (PCSS), un programme fédéral dirigé par le Centre des sciences pour la sécurité de Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC CSS), en partenariat avec Sécurité publique Canada.

Le nouveau programme de formation sera intégré aux normes canadiennes de certification d’entraînement à la lutte contre les incendies, qui seront adoptées et utilisées par tous les services de sécurité incendie du Canada. L’objectif est de veiller à ce que dorénavant, les méthodes de lutte contre les incendies tiennent compte des connaissances scientifiques les plus récentes afin d’accroître l’efficacité opérationnelle et d’assurer la sécurité des pompiers et du public.

« Nous estimons qu’il existe une multitude de nouvelles connaissances scientifiques et de nouveaux renseignements auxquels les pompiers n’ont pas accès. L’objectif du présent projet est donc de prendre ces renseignements et ces connaissances et de les mettre en pratique, de sorte que les pompiers y aient accès », a mentionné Peter McBride, chef de la division de sécurité et de l’innovation du Services des incendies d’Ottawa (SIO) et gestionnaire du projet.

Le SIO, les services d’incendie et d’urgence de la région d’Halifax, le Service de sécurité incendie de Montréal, et les services d’incendie de Calgary, de même que de nombreux intervenants nationaux et internationaux, travaillent depuis 2014 en vue de recueillir les renseignements les plus récents sur la dynamique du feu et de les utiliser aux fins de la création de nouveaux outils de formation pour les futures opérations de lutte contre les incendies.

Une importante étape du projet consistait à mettre à l’essai les applications pratiques du programme de formation dans un environnement simulé, mais aussi près de la réalité que possible. Du 6 au 9 juin 2016, des pompiers d’Ottawa, de Montréal et de Mirabel se sont réunis à Mirabel, au Québec, pour ce faire. Pendant cette semaine, il y a eu une série d’expérimentations à grande échelle, appuyé en grande partie par la Ville de Mirabel et le Service de la sécurité incendie de Mirabel, dans le cadre desquels on a mis le feu à de véritables bâtiments puis éteint les flammes en adoptant de nouvelles approches et en utilisant de nouveaux outils, dans le but de mettre à l’essai les méthodes enseignées dans le cadre du nouveau programme de formation.

« Une partie de ce que nous avons fait relève de l’expérimentation et de la cueillette de renseignements, mais il s’agit principalement d’appliquer des méthodes de lutte contre les incendies différentes et avancées dans un environnement très contrôlé et permettant la prise de mesures. Les connaissances ainsi acquises seront utilisées pour enseigner aux pompiers les méthodes les plus récentes, les plus efficaces et les plus sécuritaires en vue de la lutte contre les incendies », a expliqué M. Routley.

L’une des nouvelles méthodes de lutte contre les incendies très sécuritaires et efficaces consiste à diriger un étroit jet d’eau à l’intérieur d’une résidence depuis l’extérieur de celle-ci plutôt que d’entrer dans la résidence et de combattre l’incendie depuis l’intérieur (la méthode classique). Les récentes recherches menées sur la dynamique du feu montrent qu’un jet d’eau étroit et droit projeté depuis l’extérieur de la résidence fait chuter la température à l’intérieur de la résidence, ce qui est un point positif pour la sécurité des pompiers entrant à l’intérieur de la résidence. Une autre approche testée à Mirabel est l’utilisation d’un nouvel outil appelé « PyroLance », qui utilise l’eau sous pression élevée et des particules de granite pour couper à travers le bois et l’acier (enveloppe de bâtiment ou finition de bâtiment) en quelques secondes et introduire ensuite de l’eau atomisée qui optimise l’efficacité de refroidissement par l’eau afin d’éteindre rapidement un incendie dans un compartiment ou un espace vide.

Une autre méthode mise à l’épreuve pendant les expériences a été l’utilisation d’un grand ventilateur fonctionnant à l’essence permettant de pousser la fumée pour que les pompiers puissent accéder à une structure en toute sécurité. Cette méthode pousse la fumée et la chaleur hors du chemin des pompiers, ce qui permet à ceux-ci de s’approcher très près du feu à l’intérieur et de l’attaquer directement.

Une importante fonction de ces expériences est qu’elles ont permis la production de matériel d’apprentissage en ligne qui sera intégré au programme de formation. Des photographies ont été prises, des vidéos ont été tournées et la progression a été suivie à l’aide d’un tableau de commande diffusant les séquences tournées par les différentes caméras installées à l’intérieur des bâtiments.

« Avec l’aide de différentes organisations, nous avons réussi à recueillir des données pendant les expériences de cette semaine et ces données aideront les futurs pompiers dans leur formation et permettront d’améliorer les méthodes de lutte contre les incendies existantes », a souligné Martin Corriveau, pompier et membre de Flash Formation, un entreprise privée qui a participé au projet et a appuyé les essais au nom de l'équipe de projet.

En tout, le projet bénéficie du soutien de plus de 40 organismes de la communauté des services des incendies national et international.

« L’approche synergique de collaboration de ce projet offre un moyen économique de combler les lacunes des connaissances critiques sur la lutte contre les incendies et les priorités des services des incendies. Les résultats du projet amélioreront la littéracie sur les incendies des services des incendies partout au Canada et à l’étranger, afin d’appuyer des opérations de lutte contre les incendies plus sécuritaires, efficaces et efficientes. En fin de compte, les objectifs du projet sont de réduire les pertes de biens, les impacts sur l’environnement et encore plus important, les blessures et les décès chez les civils et les pompiers au cours d’un incendie » a conclu McBride.

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