Un scénario de feu de forêt : un nouveau rapport souligne comment les nouvelles technologies de communications améliorent les interventions d’urgence

Le 1 juin 2016

La frontière entre le Canada et les États-Unis (É.-U.), longue de près de 9 000 km, est la plus longue frontière internationale du monde. Cette réalité pose de nombreux défis lors d’interventions d’urgence, notamment en ce qui a trait au partage efficace de l’information entre les deux pays lors d’urgences transfrontalières.

« Les catastrophes comme les feux de forêt et les inondations ne respectent pas les frontières, affirme Duane McKay, commissaire aux incendies de la province de la Saskatchewan. Il est important que les  administrations voisines collaborent pour mieux sensibiliser les collectivités et les résidents, et leur fournir les renseignements et les interventions les mieux adaptés aux urgences. »

Alors que se passe‑t‑il si une situation d’urgence se produit au Canada, à proximité de la frontière, dans un endroit où il n’y a pas de service sans fil mobile ou de couverture cellulaire, et si l’équipe de première intervention la plus proche se trouve aux É.-U.? Un rapport qui vient tout juste d’être publié (en Anglais seulement) sur la troisième expérience Canada - É.-U. de renforcement de la résilience (CAUSE III) souligne des résultats importants qui  répondent justement à cette question. CAUSE III, menée en novembre 2014 à Willow Creek, en Saskatchewan (à  proximité immédiate de la frontière américaine) et la région avoisinante, a réuni le Centre des sciences pour la sécurité de Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC CSS), Sécurité publique Canada, la Direction des sciences et de la technologie du département de la Sécurité intérieure des États‑Unis et divers autres partenaires afin de tester les technologies permettant d’établir des communications sans fil dans des régions isolées.

Afin de se mettre en contexte, les participants ont reçu le scénario fictif suivant : un orage intense vient de traverser le nord du Montana et la foudre a frappé à plusieurs reprises près de Wild Horse (Alberta) et Willow Creek (Saskatchewan), mettant le feu aux herbes de prairie sèches. Malgré tous les efforts des pompiers de la région, les vents ont permis aux incendies de s’étendre. Celui de Wild Horse est particulièrement intense, et il s’est propagé dans le Montana vers Havre et s’est joint à celui du Willow Creek, formant un incendie qui s’étend sur plus de 150 kilomètres carrés. L’incendie se propage rapidement et les vents violents ne cessent de changer, posant un risque constant pour les personnes, les biens et le bétail. Les opérations de lutte contre les incendies requièrent une énorme collaboration transfrontalière et multi organisationnelle. Malheureusement, les premiers intervenants se trouvent face à une difficulté supplémentaire : il n’y a ni service de téléphonie cellulaire ni accès Internet dans la zone où ils travaillent.

Fondée sur ce scénario de feu de forêt fictif, l’expérience visait à démontrer comment la technologie mobile LTE (également appelée 4G) peut améliorer les capacités d’intervention dans une région où il n’y a aucune infrastructure de communication. Plus spécifiquement, elle a permis aux premiers intervenants d’évaluer la différence entre un système de radiophonie mobile terrestre et la technologie mobile, soit la technologie la plus récente utilisée pour transmettre des données Internet par téléphone cellulaire. L’objectif principal était d’améliorer la connaissance de la situation afin de mieux gérer l’incident, y compris coordonner les intervenants, évaluer les dommages et connaître les risques environnementaux (comme la météo ou le terrain), la population touchée et l’emplacement des ressources, comme la nourriture et l’eau.

« Imaginez un commandant d’intervention (CI) dans un bunker en train d’écouter le crépitement de voix affolées sur la radio. Imaginez maintenant le même CI en train de regarder une carte détaillée générée par une application Web sur laquelle les détails de l’incident, le déploiement de personnel et d’équipement ainsi que leur état s’affichent en temps réel. Imaginez-vous qu’il voit des images vidéo haute définition du terrain en temps réel et qu’il peut partager les détails opérationnels avec d’autres intervenants, toujours en temps réel, où qu’ils se trouvent. De plus, tous les intervenants ont une connexion Internet haute vitesse et un accès instantané à la plus importante mémoire d’informations au monde » a déclaré Howard Georgeson, commissaire adjoint/directeur, Réseau provincial de télécommunications pour la sécurité publique/logistique du ministère des Relations gouvernementales du gouvernement de la Saskatchewan.

Le premier jour, les participants ont testé le système de radiophonie mobile terrestre et il a fallu « entre 10 et 20 minutes pour diffuser l’information permettant au centre de contrôle de mission de prendre des décisions » a déclaré Joe Fournier, gestionnaire de portefeuille, Technologies sans fil, RDDC CSS.

Le deuxième jour, ils ont testé un réseau de systèmes LTE déployable au lieu. Un de ces systèmes utilisait un grand ballon gonflé à l’hélium (également appelé « Cellulaire sur un ballon »). Ce dernier flottait à environ 200 mètres au‑dessus du sol et était équipé d’un système radio‑cellulaire installé dans un contenant accroché sous le ballon. La couverture cellulaire ainsi créée couvrait une zone nettement plus étendue qu’une tour cellulaire. Grâce aux applications Internet installées sur leurs téléphones, leurs tablettes et leurs ordinateurs portables, les participants ont pu envoyer des courriels, partager des photos, diffuser des vidéos et avoir accès à des cartes interactives en temps réel sur leur téléphone dans des zones où il n’y a habituellement pas de service sans fil mobile.

M. Fournier a résumé que « le premier jour, en utilisant le système de radio terrestre, il a fallu entre 10 et 20 minutes pour communiquer l’information nécessaire, alors que le deuxième jour il n’a fallu que quelques secondes. La technologie de communication déployable peut réduire le temps d’intervention de plusieurs minutes, voire de plusieurs heures, et permet d’accroître l’efficacité opérationnelle pour sauver des vies et des biens. »

Selon Walter R. Magnussen, professeur à la Texas A&M University, le système amélioré est important parce qu’il facilite les communications entre le Canada et les États‑Unis. Il ajoute que « grâce à cette nouvelle technologie disponible pour la première fois, les intervenants américains ont pu mieux collaborer avec les premiers intervenants canadiens. Il a été facile de déployer les intervenants et l’information recueillie était très utile. On avait une meilleure idée de ce qui se passait. »

L’un des objectifs de l’expérience était de présenter les futures capacités de communications d’urgence permettant de faciliter le travail des premiers intervenants. Il ressort de l’expérience qu’il serait nécessaire de développer davantage de formation et d’exercices sur l’utilisation des outils et des applications.

« C’était la première fois que la technologie LTE était intégrée à une expérience de ce genre et donc, bien sûr, cela a soulevé de nombreuses questions, déclare M. Magnussen. Cependant, cela nous a aussi donné une bonne indication des problèmes à régler à l’avenir. »

Parmi les autres éléments qu’il s’agira de prendre en considération à l’avenir, il y a l’acceptation, la normalisation et la simplicité d’utilisation. « Il est bien évident que la capacité technologique existe. Nous devons maintenant uniformiser les exigences opérationnelles sans pour autant empêcher les innovateurs de trouver des solutions à des problèmes que nous n’avions jamais même pensé à régler, termine M. Georgeson. »  

L’expérience décrite dans cet article représente un des deux scénarios utilisés dans le cadre de la troisième expérience Canada‑États‑Unis de renforcement de la résilience (CAUSE III). Vous pouvez en apprendre davantage sur l’autre scénario qui impliquait les bénévoles numériques et les opérations de rétablissement ici. CAUSE III est un effort de collaboration entre le Centre des sciences pour la sécurité de Recherche et développement pour la défense Canada, Sécurité publique Canada et la direction des sciences et de la technologie du département de la Sécurité intérieure des États-Unis, en partenariat avec un certain nombre d’organismes provinciaux, municipaux et non-gouvernementaux.

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